Berlin : 20 ans déjà, des Fucamiens y étaient
Le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin n'a échappé à personne. Les personnalités politiques se sont bousculées le 9 novembre ou...... quelques jours plus tard devant le mur. Saviez-vous qu'un groupe d'étudiants de la FUCaM était également de la partie ?Le soir du jeudi 9 novembre 1989, la télévision du pavillon 2 retransmettait les premières images d'un des événements les plus marquants du XXème siècle. Il n'en fallait pas plus pour faire germer dans la tête de certains un projet qui laisse pour beaucoup d'entre nous un souvenir impérissable...Si nos souvenirs sont bons, c'est le lendemain, à savoir le 10 novembre, que deux étudiants de la FUCaM, Joseph Laurent et Philippe Minet, décident de gagner Berlin en stop. Leur témoignage et l'expérience qu'ils y ont vécus incitent la Chimalux et sa présidente de l'époque, Lysiane Hosselet (dite Lily), à affréter un car entier à destination de Berlin.
Quelques jours après le 9 novembre 1989, c'est le soir qu'une trentaine d'étudiants montent donc dans un car qui les amènera au petit matin au cœur de Berlin. Cette « activité » régionale avait décidemment un caractère particulier.... « La grande grève d'interbrew » nous avait privé du célèbre breuvage renfermé dans les fameux casiers jaunes.....et le comité « Chimalux » avait dû se rabattre sur une marque inconnue que beaucoup de membres de l'expédition se sont juré de bien vite oublier.... Bonne ambiance dans le car, comme toutes les activités, personne n'avait vraiment envie de dormir, sans aucun doute l'excitation de vivre un moment historique. Premier moment fort de l'expédition, la frontière est allemande et son check point à l'entrée de l'autoroute qui menait tout droit sur Berlin. Parking lugubre, mirador à gauche, à droite et les premiers barbelés... Impressionnant ! Un comité d'accueil « sympathique » monte dans le car, à savoir la police est- allemande. Elle portait de long manteaux en cuir qui nous rappelaient furieusement une « autre époque d'une autre Allemagne... ». Vérification de tous les papiers et premier petit incident au cours duquel nos hôtes refusèrent l'entrée à Olivier Ansseau qui faisait son service militaire à l'époque ...Après discussion ils décidèrent de nous laisser poursuivre notre périple.
Personne n'a oublié ces miradors et ces interminables clôtures de part et d'autre de l'autoroute.
Nous arrivâmes tôt le matin à Berlin et prîmes le déjeuner dans un petit snack devant un des innombrables parcs que compte la ville. Nous étions à l'Ouest, mais déjà un « parfum » d'est se faisait sentir : personne ne pouvait ignorer les drôles de petites voitures qui déambulaient dans les rues, nous vîmes nos premières Trabant de la journée, les premières d'une longue série.
Nous avons débuté la journée par la visite du musée du mur. Nous y avons découvert comment des est-allemands ont procédé pour passer à l'ouest : en ballon, cachés dans des voitures transformées, en creusant des tunnels.... La partie supérieure du musée offrait une vue sur check Point Charlie et ses miradors.Quelques instants plus tard c'est à ce lieu de passage célèbre que nous mesurons l'importance de l'évènement que nous vivons en direct. A pied, en voiture, une foule d'est-allemands franchissaient la frontière, impossible d'oublier leur visage semblable à celui d'un enfant découvrant un cadeau...... En discutant avec eux (pas toujours évident car peu parlaient anglais), beaucoup venaient d'assez loin en RDA pour goûter à leur tour à la liberté. Nous n'étions qu'à quelques jours de l'annonce par le porte- parole du « gouvernement Honecker » de l'ouverture de la frontière. De l'autre côté du poste frontière, on apercevait les bâtiments gris et sombres de Berlin-Est. C'était vraiment une autre ville qui débutait à quelques dizaines de mètres du mur.
Ce qui était frappant aussi, c'était le nombre d'équipes de télévisions du monde entier. Nous avons été souvent filmés : ce sont sans doute nos pennes qui intriguaient.
Une bonne partie de la journée a été consacrée à arracher du mur des « morceaux souvenirs ». Nous avions pris soin de nous munir de marteaux et de burins. Même à Check Point Charlie, le mur était encore en grande partie couvert de ses graffitis. Nous nous sommes livrés à cet exercice une bonne partie de la journée, beaucoup de gens et principalement des est-allemands nous demandaient de leur arracher des morceaux. En regardant 20 ans après ma collection de morceaux, c'est vrai que le béton n'était pas d'une qualité exceptionnelle et ce n'était pas vraiment difficile d'extraire de beaux morceaux. Nous étions régulièrement chassés par les « zepos » qui nous empêchaient d'arracher les morceaux de béton, quelques marteaux ont même été confisqués et jetés à l'est au-dessus du mur. Dès que les « zepos » étaient à bonne distance, nous reprenions notre activité.
La soirée, nous l'avons aussi passée près du mur mais dans le quartier de la porte de Brandebourg. Il y régnait une ambiance particulière puisque la foule s'amassait sur l'esplanade qui s'étendait devant ce qui était sans doute la partie la plus célèbre et symbolique du mur. C'est là que certains pans de murs étaient couchés et n'avaient pas résisté aux assauts des premiers jours.
La Porte de Brandebourg et le Reichstag représentent les dernières images dont nous nous souvenons, c'est tard dans la soirée non loin de là que nous reprîmes le car, direction Mons.
L'aventure n'était pas encore finie, quelques semaines plus tard lors de la célèbre soirée de Saint-Nicolas, un mur de Berlin fut reconstitué... une brèche donnait accès au bar........
20 ans aprèsNous gardons tous un bon souvenir de ce voyage, nous sommes conscients d'avoir été les témoins privilégiés d'un des événements politiques majeurs du XXième siècle. Plusieurs semaines plus tard, d'autres régimes communistes tombèrent, ce fut le tour aussi de Bucarest. Là, également, des étudiants de la FUCaM se rendirent en Roumanie dans le cadre de Cap BD Roumanie, mais ça, c'est une autre histoire.......Pierre Degand (promotion 1992)
« Ich was Fucamien- Berliner »
